J'entendais encore ce matin à la radio un type nous sortir l'éternel couplet écolo : fermons les robinets, éteignons la lumière dans les pièces où on n'est pas, n'utilisons pas la clim de la voiture, buvons de l'eau du robinet, allons faire les courses à pied ou en vélo, etc...

A côté de ça, on apprend que 200.000 nouvelles molécules ont été crées en un siècle et qu'on ne connaît pas leur interaction sur l'organisme humain à long terme, ni leur transmission à nos enfants.

Justement, je relisais un article ce week-end parlant du nombre croissant de cancers et d'allergies, dont on ne connaît pas vraiment la cause, si ce n'est la vie moderne. Les Inuit, par exemple, qui viennent à la vie dite "moderne" depuis peu de temps, observent aussi chez eux une recrudescence de cancers depuis peu de temps, alors qu'ils ne le connaissaient quasiment pas autrefois.

Alors ? Les conservateurs ? Les colorants bizarres ? Les cosmétiques ? Les pesticides ? Les fumées d'usine et de voitures ? Un peu de tout ça ? Probablement.

De plus en plus, maintenant, je me dis qu'un jour, c'est sûr, je descendrai un peu plus dans le sud (j'habite la région parisienne) pour retrouver un peu d'air pur, un peu plus de soleil, un peu de sourires. Mais est-ce que ça va vraiment servir à quelque chose ?

Le climat se déréglant, celui qu'on connaît en France va changer de toutes manières, où qu'on soit. La pollution, on ne saît pas si elle va augmenter pour cause croissance del'industrie ou diminuer avec une prise de conscience, mais ce sera partout pareil.

Et puis, comment vivre sainement ? Faudra-t-il abandonner tous nos petits gadgets modernes, nos voitures, nos téléphones portables, nos aérosols, nos stylos en plastique, nos appareils à piles, nos frigos, nos ordinateurs, ? Ca m'étonnerait. Même en vivant dans une ferme en auto-gestion, on ne pourra s'empêcher de manger des conservateurs alimentaires, des engrais, des parabens (les conservateurs des cosmétiques), et de respirer la pollution de l'air.

Ce qui est sûr, c'est que le pétrole disparaissant, il va falloir le remplacer et ce sera forcément par quelque chose de moins polluant. Mais tous les plastiques de notre vie courante viennent aussi de l'industrie pétrochimique. Vont-ils disparaître pour retrouver des objets usuels en bois et en cuir ?

Nous passons notre temps à nous battre contre la nature. Nous bétonnons la ville pour ne plus voir un centimètre carré de terre ou de verdure, et même dans nos jardins, nous nous évertuons à éliminer les "mauvaises" herbes, tuer les bestioles "nuisibles", ou tondre le gazon parce que que c'est pas beau, de l'herbe trop haute. L'herbe coupée devient un déchet dont on ne sait plus quoi faire, un comble !

Le monde a mis plusieurs milliards d'années à trouver un équilibre qui fonctionne bien. Nous avons voulu lui montrer que nous étions les plus forts en le pliant à notre volonté. Il a plié, mais, tel un roseau qui nous glisserait entre les doigts, ils est en train de se redresser pour nous en mettre un bon coup dans la tronche.

Je ne suis pas tellement écolo dans l'âme, je n'ai pas envie d'abandonner ma vie de geek en famille, j'aime bien ma bagnole climatisée, mon vélo en carbone et mon gps.

De même qu'un animal qui mange, ressort ses déchets dans la nature, nous produisons les déchets de notre vie. Est-ce pour autant qu'ils ne sont pas naturels ? Je me dis parfois que tout ça fait partie d'une évolution "normale" de la planète. Je ne crois pas à la destruction du monde par ses habitants. Il va finir par y avoir un équilibre. On a appuyé un peu trop vite d'un côté de la balance, mais elle va revenir à l'horizontale. Deux manière pour cela : soit la Nature nous élimine, soit nous savons nous adapter.

Je ne sais pas comment nous vivrons dans 50 ans, dans 100 ans, mais ce qui est sûr, c'est que la vie devra radicalement changer. Il va nous falloir vivre un peu plus en harmonie avec la nature et arrêter de la combattre. Je suis persuadé qu'on pourra vivre confortablement, de manière moderne, en communiquant, en nous déplaçant, en consommant, tout en arrêtant de nous détruire, nous et notre environnement.

Il faut continuer à chercher la clé des champs...