Franchement, est-ce que j'ai l'air d'un sportif ?

J'avais déjà expliqué sur le site des Frappadingues pourquoi je n'aime pas le sport. Pour ceux qui n'auraient pas lu et pour le remettre à jour, je vais vous expliquer pourquoi, contrairement aux apparences, je ne suis pas sportif.

Un sportif, pour moi, a une connotation particulièrement négative, probablement véhiculée par tout ce que j'entends.

Pour commencer, le sportif a l'esprit de compétition. Il faut qu'il soit le premier et il fera tout pour y arriver. Tout. Tricher, écraser les autres, se doper, corrompre, etc.
S'il est professionnel, son salaire dépend de ses bons résultats. Meilleur il est, meilleures sont ses primes.
Mais même si ce n'est qu'un amateur, il va essayer de tricher, pour prouver aux autres qu'il peut y arriver, pour exister, pour être au niveau des autres, plus jeunes, mieux entraînés. Bon, c'est vrai, ce n'est pas le cas de tous, mais ça existe même en amateur. Même eux se dopent.

Le sportif s'entraîne plusieurs fois par semaine, voire tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Et ça peut passer avant tout le reste : avant sa vie de famille, son boulot, ses amis, la société. J'en connais.

Le sportif est triste. Il ne mange que du diététique, ne peux pas aller se marrer avec vous au restaurant et ne parlons même pas d'aller boire un verre ou rentrer à pas d'heure d'une fiesta. Le sportif a une hygiène de vie.

Le sportif est moche. Selon le sport pratiqué, il a souvent une partie de son anatomie plus musclée que le reste. Le joueur de tennis a le bras droit hypertrophié par rapport au gauche (pour les gauchers, inverser). Il est tout sec, pas un poil de graisse. Et si la balance lui montre qu'il a pris quelques grammes, c'est la cata : augmenter l'entraînement.

Le sportif regarde le sport à la télé. Il vit le sport à la télé, surtout si c'est son sport qui passe. Et il critique dans ce cas le champion, parce que lui, il sait bien comment ça se passe en vrai, en tous cas, c'est pa scomme ça qu'il faut faire, quel abruti ce mec.

Le sportif n'a pas de conversation. Inutile de l'interroger sur le CPE, les MP3, les blogs, Linux vs Microchiottes, la dernière catastrophe ferroviaire, ou la fille qui a un beau cul qui passe là-bas. A la rigueur sur la météo. Sinon, ça tourne autour de son sport.

Ah oui, le sportif (en tous cas le mâle) n'a pas de copine. Il n'a pas le temps pour ça et en plus ça nuit à ses performances. Et puis les filles, ça veut sortir le soir, ça veut aller voir la famille tout le temps, ça veut faire des gosses dont il faut s'occuper. Et puis les filles, ça fait pas de sport, donc ça n'a pas de conversation intelligente. Interrogez une fille sur un tir retourné-lobé dans la lucarne, sur un braquet de 32/22, sur l'avantage du carbone par rapport à l'alu, ou sur les dernières chaussures de running à microprocesseur. Les filles, elles choisissent le vélo selon sa couleur, les chaussures si elle vont bien avec la tenue et ne s'intéressent au foot que parce que Zidane ou Agassi, il est beau comme un dieu.

Moi, je fais du VTT.

C'est vrai que depuis quelques années, j'ai évolué. Au début, je faisais péniblement dix kilomètres. Maintenant, il m'arrive de faire 80 bornes de montagne sans toucher le goudron. Et pour ça, c'est vrai que je m'entraîne un peu, parfois en milieu de semaine. je dois faire dans les 2000 bornes par an, je crois.

C'est vrai qu'il m'est arrivé de mettre dans mon sac à eau dans le dos des petites poudres censées améliorer l'hydratation et éviter les crampes. Bon, j'ai arrêté, c'est dégueulasse et ça moisit. Maitenant je tourne aux berlingots de lait concentré sucré et aux pâtes de fruit.

Mon sport ne se voit pas à la télé, sauf de temps en temps aux JO, pour entendre un commentateur soi-disant sportif raconter n'importe quoi. Moi, je m'y connais vachement mieux. Mais je ne regarde pas les matches. Sauf peut-être un peu la Coupe du Monde. Si la France gagne.

Je fais du VTT que pour retrouver la nature, dans des paysages que je ne verrai pas à pied ni en voiture. Je roule avec mes potes, on discute pas mal, on rigole bien. Et il faut bien reconnaître aussi que je suis en meilleure forme qu'avant. Surtout que j'ai arrêté de fumer en plus. Et c'est pour pouvoir continuer un minimum qu'il m'arrive de m'entraîner un peu. Et pour pouvoir de temps en temps découvrir de nouveaux paysages, en sous-bois de région parisienne, en montagne, dans le Limousin ou ailleurs.

Je ne cherche pas à être le premier, d'ailleurs je n'y suis jamais arrivé, il y a longtemps que j'ai arrêté d'essayer. D'ailleurs en y réfléchissant bien, je crois même que je n'ai jamais essayé.

Mais je mange, je picole, je me fais des petits et des gros repas. J'aime le bon vin, je bois du single mat (10 ans minimum) et de la bière.

Bon, allez, les sportifs, soyez pas fâchés, je ne pense pas tout ce que j'ai dit sur vous, c'est juste que je ne me sens pas sportif.