Le TomTom m'avait emmené sans encombre dans la grande banlieue est de Paris, dans un golf où avait été organisé ce "séminaire" de présentation de la version 2007 de ma CAO, SW. Bon, pour moi, un séminaire durait plusieurs jours, celui-là ne durerait (heureusement) qu'une seule journée.

C'était pour moi la première fois que je mettais les pieds dans l'enceinte d'un golf. Voulant éviter les embouteillages (je venais de la banlieue ouest), j'étais arrivé très en avance, plus d'une heure avant le rendez-vous de 9 heures.

Le lieu s'appelait "La ferme de H", mais aussi "L'abbaye du Golf". Effectivement, une fois passé la grande porte, il y avait sur la droite une grande bâtisse en L qui faisait penser à un ancien corps de ferme, pierres apparentes, massif, toit pointu en petites ardoises et en face, l'autre grand bâtiment en longueur avait des relents d'architecture romane avec ses ouvertures en ogives. Mais là s'arrêtait la comparaison. Si les murs étaient probablement d'origine, l'ensemble avait été considérablement remanié. De nombreuses et larges fenêtres avaient été percées, de grands escaliers de bois sous des avancées du toit avaient été ajoutés, des fenêtres en "chien assis" saillaient du toit, sans parler des marches de béton blanc, des allées en gravier et des petits murets délimitant les zones.

Pour prouver que "l'abbaye" en avait été une, quelques tronçons de colones antiques étaient exposés çà et là, posés sur la moquette, dans une vitrine ou sous l'escalier de bois.

Je supposai qu'à l'époque, le bâtiment ne devait être composé que de grandes salles très hautes, là où on avait reconstitué le hall d'accueil avec deux étages, percé un ascenseur et installé de faux plafonds. J'espérai que la bâtisse était en ruine pour justifer une telle transformation.

Désoeuvré, je me balade dehors. Il n'est que huit heures, mais quelques golfeurs sont déjà à pied d'oeuvre. Ca me donne l'occaison de les observer. Deux hommes s'approchent du lieu. Ils sont habillés avec des pantalons bouffants, chaussures bicolores, petits polos de marque et un seul gant noir et blanc, plus une casquette parce qu'il pleut un peu. Le premier fait mine de taper, pour s'entraîner, je suppose. Puis il frappe la balle dans un joli geste. Ils regardent où elle tombent. Le second fait pareil. Ils se congratulent. Puis ils reprennent leurs caddies et partent tranquillement en discutant vers le lieu suivant. C'est du sport, ça ?

En revenant vers l'abbaye, je remarque des petites boîtes vertes sur des piquets à un mètre du sol. Elles ont toutes une manivelle sur le côté. Ce sont des boîtes à laver les balles !!! On met la balle dedans et elle est nettoyée par des brosses actionnées par la manivelle. Juste à la sortie du green, il y a un peu partout des racloirs à chaussures et mêmes des soufflettes d'air comprimé pour nettoyer la gadoue des chaussures. Quand je pense que quand je rentre de 60 bornes de VTT, crotté de la tête aux pieds, je passe par le garage pour m'y déshabiller entièrement... Quel cinéma...

Au bout d'un certain temps, les commerciaux de SW commencent à arriver. Je ne les connais pas. Il faut dire qu'ils changent à chaque fois. Puis arrivent peu à peu les autres utilisateurs invités comme moi. Comme toujours, personne ne se connaissant, on a du mal à discuter. Les solitaires comme moi restent solitaires, les groupes qui sont venus ensemble se referment sur eux-mêmes. On amène le petit déj : café, thé, jus d'orange, de pamplemousse, mini-viennoiseries. Miam. Tout le monde se jette dessus. Une heure après, au moment du signal du départ vers la salle de présentation, j'en suis à mon troisième café et mon quatrième mini-pain au chocolat. Barf. Gné pus faim, moi.

On traverse la cour pour nous diriger vers le bâtiment d'en face. Comme il pleut, tout le monde court. Sauf moi. J'ai toujours bien aimé la pluie et de toutes façons, en courant ou pas, on sera mouillé de la même façon. Et puis, ce n'est qu'un petit crachin de rien du tout, pas de quoi courir. J'ai même bien envie de m'arrêter au milieu sous la flotte pour mieux en profiter, mais je risque de passer pour un cinglé. Je continue doucmeent. De toutes façons, comme d'habitude, je marche aussi vite que courent les autres et sans faire d'effort. Par contre, les gars qui viennent de se fumer trois clopes avant de taverser la cour en courant, les recrachent en montant les trois étages d'escalier. Moi, je ne sais pas monter des marches autrement que deux par deux en courant, en m'amusant de faire le moins de bruit possible.

On arrive dans la salle ou est projeté sur un écran une démo où une voiture de sport se fait successivement courser par une hélico, une avion furtif et un Hummer avec force explosions. Oué, bon.

Je vous passe les explications techniques du bazar. C'est bien. Les fichiers vont diminuer en taille et il va y avoir un nouveau système intelligent qui va dessiner à ma place. Pffff... Rhhhrhhhhrhhh... Je manque m'endormir, quand mon oreillette dans ma poche décide de se mettre en veille. Désespéré, le portable en pleure et ça me réveille. Juste avant, le présentateur avait demandé qu'on éteigne les portables et j'avais le mien en mode silencieux. Pas si silencieux que ça, en fait.

Ouf, la pause de 11 heures. : 2 cafés et baffrage de petits fours salés. Cette fois, on porte tous nos badges à notre identité, nom+société. En général, je planque le mien, je me fais emmerder comme une belle fille à chaque fois qu'on y lit le nom de mon prestigieux employeur ki le veau bien. Mais là, je me sens comme en famille, entouré de collègues, je le porte sans réfléchir. Un type m'aborde, il fait des flacons en plastique, il a toujours rêvé de bosser pour nous. Et merde. Bon, je fais semblant de m'intéresser, on ne sait jamais, il ne faut rien négliger. Mais il est chiant quand même.

Malgré les badges, les solitaires restent seuls, déambumant à grands pas lents en faisant semblant d'admirer les poutres apparentes. Les téléphones et blackberries éclosent. Ca donne des consignes, ça clope. Pas beaucoup de fumeurs, tiens, ça se perd, heureusement. Bref, on se fait grave chier.

La commerciale qui a organisé essaie bien d'aller de l'un à l'autre, mais elle ne sait parler que de son produit et de se plaindre qu'elle avait lancé deux fois plus d'invitations qu'elle n'a reçu de réponses. Elle ne comprend pas qu'il y ait tellement moins de monde que l'année précédente. Tu m'étonnes, c'était à Disneyland !

Bon, on y retourne. Ah bon, il y a des bibliothèques d'éléments standards ? Wouah, on peut rajouter un tampon "Approuvède" sur les plans ! Trop fort.

Juste avant d'aller manger, un type que je connais noius refait la retape pour une souris 3D à utiliser de la main gache en même temps que la souris normale. Il paraît que son truc ets recommandé par la médecine du travail, elle évite les tendinites des doigts, de la main et du bras dues à une mauvaise position en dessinant. Pourquoi pas.

Allez. Manger.

Je m'installe dans les derniers. Les commerciaux essaient de se répartir sur les différnetes tables pour animer les conversations. Comme toujours chacun ne sait parler que de son boulot, comme si tous les autres savaient immédiatement de quoi il parle. Je parle de VTT, pour changer. J'ai fait que mille bornes, cette année, mais je ferai plus l'an prochain. J'aime bien passer pour un extra-terrestre. S'ils savaient que pour mes potes de vélo, je suis un de ceux qui roule le moins ! Mais tout le monde, s'en fout. C'est bien plus marrant de parler de conception de labo ou de revente de boîte de mécanique. Mais qu'est-ce que je fous là.

L'après-midi est identique au matin, en plus court et se termine par quelques ateliers. Ce sont les mêmes que l'an dernier. Je prends mes boîtes de la version 2007 pour mes collègues et moi, je rafle les tapis de souris et les stylos. et je me casse tôt.

Ouf, une fois dehors, je respire. Mais pourquoi je fais ça ? Bon, allez, je vais rentrer par le chemin des écoliers, histoire de profiter de ce beau temps qui va enjoliver les petits villages. Je demande au Tomtom de ne pas prendre les autoroutes et de faire un crochet par le nord pour éviter les embouteillages du soir. Je me sens bien. Limite euphorique, j'appelle Nath pour lui dire que je l'aime.