Triste anniversaire...

Un bus incendié à Marseille, sans aucune raison apparente, probablement par des mineurs avec pour résultats : des gens choqués et une femme entre la vie et la mort. Et si elle s'en sort, son sort ne sera pas très enviable. Evidemment, il faut retrouver la bande de salopards responsables de cela et il faut qu'ils soient punis, même s'ils sont mineurs.

On a comparé cela à une attaque de diligence. Non. Dans le Far West, les brigands attaquaient les diligences pour voler les voyageurs de leurs biens. Ici, c'était un acte complètement gratuit, sans aucun mobile apparent, autre que le vandalisme stupide.

Par contre, on commence à entendre que ce serait Sarkozy qui serait responsable de ça, parce qu'il mettrait "le feu aux poudres" en ne mâchant pas ses mots.

Non. Les responsables, ce sont d'abord les gosses qui ont mis le feu.

Mais ensuite, ce sont les médias qui ont créé l'événement. Ils ont créé de l'info là où il n'y en avait pas : l'anniversaire des émeutes de Clichy sous Bois. Il n'y avait plus rien à en dire, alors pourquoi revenir là-dessus ?

Déjà l'an dernier, on les avait beaucoup trop montrés, alors que c'était justement ce qu'ils recherchaient : qu'on parle d'eux, qu'on les voit ! On a même suggéré que certains journalistes payaient des casseurs pour pouvoir filmer une voiture en train de cramer.

Mais pourquoi reparler de ça aujourd'hui ? Au nom d'un anniversaire que tout le monde voudrait oublier. Les habitants de Clichy-sous-Bois, d'abord, se seraient passés de raviver de tels souvenirs. Et puis, tous ceux qui travaillaient, les chauffeurs de bus, justement, les policiers, les profs dont les écoles ont été incendiées, etc. Le maire de Clichy-sous-Bois se serait bien passé d'une telle publicité pour sa ville. Alors, qu'on fasse un moment de recueillement pour les morts, qu'on fasse une marche silencieuse de protestation, que les gens se mobilisent, d'accord. Mais que les journaux arrêtent d'en parler.

Et plus on s'approchait de cette date "anniversaire", plus la pression montait et plus certaines personnes pouvaient se dire : "Ah ouais, tiens, et si on allait allumer des grosses bougies ?"

Qui sait s'il y aurait eu quelque chose si on n'en avait pas autant parlé ?

Je continue de penser qu'il ne faut pas parler de tout dans les journaux, sous peine de faire plus de mal que de bien.