Bon, d'accord, je suis toujours en retard le matin. Je me trouve souvent des excuses... pour ne pas prendre le train... Bizarrement, je suis toujours à l'heure pour déposer ma fille à l'école, mais c'est après que ça se gâte.

Bon.

J'ai une Carte Orange, que je suis censé utiliser pour aller au boulot. Rallier le bureau me prend environ une heure, par le train et le métro. Le faire en voiture, par contre, me prend environ... une heure. Ce qui est rigolo, c'est qu'il m'est arrivé de faire à vélo ce trajet de vingt kilomètres et ça m'a pris... une heure, tiens...

Evidemment, le moyen le plus économique serait le vélo. Mais j'arrive complètement en nage et sale et il faut que je me change complètement. Donc, soit je trimballe des fringues dans un sac à dos et je vous laisse imaginer dans quel état elles sont en les sortant du sac, soit je les laisse dans un placard du bureau et je les amène en bagnole de temps en temps, mais il faut du stock. Et puis il est hors de question de laisser un vélo en carbone dans un parking, fut-il souterrain. Quant à le monter dans le bureau, c'est un peu... visible. Mais surtout, il n'y a pas de douches à l'arrivée, donc ça devient vite invivable.

Utiliser la Carte Orange, dont la moitié du prix est remboursée par l'entreprise, est donc la seule solution économique. Le problème, c'est qu'on ne peut vraiment pas faire confiance à la SNCF. Une fois sur deux, il y a un problème entraînant un retard, voire une annulation du train. Au choix : un suicide, des gosses sur la voie, une locomotive en feu, la signalisation en panne, le gel qui bloque les aiguillages ou fait tomber les caténaires, les feuilles mortes qui rendent les rails glissants, l'eau qui inonde les voies, le soleil qui déboussole le conducteur, sans parler des grèves à répétitions.

Donc, à chaque fois que j'arrive à me trouver une excuse bidon, je prends la voiture.

Je sais que ce n'est pas bien. Je contribue à la pollution de la région parisienne, au trou de la couche d'ozone et au réchauffement planétaire. Je consomme de l'essance et ça me coûte cher. En plus, je suis égoïstement tout seul dans ma grande voiture. Oui, mais je suis confortablement installé, j'écoute la radio, je peux mettre du Blue Oyster Cult à fond, je peux m'arrêter prendre des photos ou passer faire un détour dans un magasin. En plus, le mercredi, je ne mets qu'une demie-heure le matin !

Encore que... quand je prends le métro, je passe par St-Lazare où je fais facilement un crochet par la Fnac et mon compte en banque ne me dit pas merci.

Enfin...

Ce matin-là, j'avais une vraie bonne excuse pour ne pas prendre le train : IL N'Y AVAIT PAS DE TRAIN !!!

La veille, je venais juste d'acheter ma carte Orange 4 zones, 86 euros, quand même. Et ce matin-là, la radio annonçait que c'était jour de grève.

Alors, j'ai pris la voiture, une fois de plus. Et j'ai écouté la radio, pour essaye de comprendre pourquoi il y avait une grève. Et bien pendant tout le trajet, (non, pas une heure : seulement une demi-heure, on est mercredi, suivez, quoi !) je n'ai pas réussi à le savoir.

En gros, il y avait une nouvelle patronne de la SNCF et les syndicats s'étaient mis d'accord pour lui montrer qui ils étaient et comment ils pouvaient bien l'emmerder. Les pauvres se plaignent de n'avoir eu que 1.3% d'augmentation. Nous, on n'a plus d'augmentation générale depuis 10 ans !

Et à la radio, étaient intrerwievés trois cheminots grévistes, qui ont été complètement incapables d'expliquer pourquoi ils faisaient grève, à part que leur syndicat le leur demandait et que c'était pour le bien des voyageurs. Ben voyons. Les voyageurs sont particulièrement ravis d'arriver en retard au boulot ou d'être obligés de prendre eun journée de congé.

Ah oui, il y a aussi la défense du marché du fret qui se fait concurrencer par la route et uiq menace d'être livré à la concurrence. En fait, ils veulent conserver le monopole. Sauf qu'on n'est pas en pays communiste, mais bien sur une économie de marché, un marché soumis théoriquement à la concurrence ! Sauf la SNCF, tiens.

Franchement, je ne suis pas contre les syndicats qui ont apporté beaucoup, mais ceux de la SNCF sont particulièrement abrutis. Et je pèse mes mots.

Au lieu de faire chier les voyageurs sans que ceux-ci sachent pourquoi, ils devraient commencer par les informer, avec au moins des tracts, un affichage, une communication, quoi. Et puis, il existe bien d'autres moyens d'emmerder son patron sans prendre en otage des gens innocents. Faire le blocus des bureaux, pour que ledit patron ne puisse pas y mettre les pieds, ne pas faire payer les billets. Et puis surtout, ce n'est pas parce qu'on est en grève qu'on reste chez soi. Non, pour moi, lors d'une grève, on se mobilise pour venir manifester et faire entendre sa voix.

Et puis à l'heure de l'écologie, franchement, la grève qui oblige à prendre sa voiture, elle pollue !