J'avais omis dans mon billet précédent sur les méfaits des médias, de parler des Enfants de Don Quichotte, ainsi que me le faisait remarquer Nemo. C'est vrai qu'ils ont fait fort, en obtenant en quelques jours ce qu'ils réclamaient depuis des années.

Et, là aussi, c'est uniquement une réussite grâce aux médias. L'opération était un beau coup marketing, dirigée par un acteur de cinéma, dont la ressemblance avec l'abbé Pierre n'était probablement pas complètement fortuite. Ce n'est pas une critique, c'est juste un moyen de se faire entendre. D'ailleurs son combat ressemble bien à celui d'un certain hiver 54.

Tant mieux pour eux s'ils ont réussi à obtenir satisfaction, ça ne me gêne pas. Ce qui me gène plus, c'est la réaction un peu trop rapide des politiques. Qu'est-ce que cela veut dire ?

- Les politiques avaient le pouvoir de le faire depuis longtemps et s'en foutaient complètement ; - Qu'est-ce qu'on ne ferait pas au moment d'une campagne électorale ; - Le pouvoir est bel et bien dans la rue ; - pour obtenir ce qu'on veut, il faut et il suffit de faire une grosse manif bien médiatisée.

Alors, proposons aux infirmières de monter des tentes militaires sur la place des Invalides et soigner gratuitement les nécessiteux.

Que les profs sortent des lycées et des facs pour faire cours dans les jardins de la rue de Grenelle.

Que chacun aille manifester devant son ministère, non pas en marchant derrière des pancartes, mais en continuant sa vie quotidienne dans la mesure du possible, devant l'administration concernée, en ayant soin de convier les journalistes. Ajouter un peu de pathos aidera certainement...

Et dépéchez-vous, dans quatre mois, il sera trop tard.

Vive la France.