J'ai la phobie des cafards.

Je ne peux plus voir ces bestioles. Autre fois, je m'en foutais, mais depuis que j'ai habité un appartement au Bourget en HLM, infesté de cafards, j'en ai maintenant une sainte horreur.

Il faut dire que pendant deux ans, ça a été une guerre sans merci. J'ai fait venir les désinsectiseurs, mais j'avais l'impression que quand j'avais le dos tourné, le gars libérait des bestioles d'une poche secrète, car il y en avait souvent plus après son passage qu'avant.

Je les voyais grimper sur les murs, dans la salle de bain,dans le salon, dans la cuisine. Il suffisait que j'ouvre un placard pour que j'en trouve qui couraient. Je les amenais même en vacances, puisqu'ils arrivaient à se glisser dans mes sacs de voyage ou dans ma trousse de toilette.

J'ai passé des nuits à les pourchasser, en prenant garde de ne pas les écraser. En effet, si c'est une femelle, cette saloperie éjecte sa poche à oeufs à un ou deux mètres et ça recommence. Il fallait les tuer à l'insecticide. J'avais trouvé un super produit qui me donnait quelques semaines de répit. La boutique, à Paris, dans le 1er arrondissement, vaut le détour, avec des rats morts dans des pièges dans la vitrine. Ca s'appelle Aurouze, du nom de la famille qui la tient et je crois que ça existe toujours. Ils fabriquent eux-même le produit le plus efficace que j'aie testé.

Mais le jour où j'en ai vu un courir sur le bras du fauteuil dans lequel je regardais la télé, j'ai capitulé, j'ai déclaré qu'ils avaient gagné. J'ai déménagé.

J'ai eu peur, car en ouvrant les cartons dans mon nouvel appart, j'ai vu deux passagers clandestins s'en échapper. Mais ils ont dû manquer de partenaires pour se reproduire, car je n'ai plus jamais vu ailleurs.

C'était il y a une dizaine d'années. Depuis, je ne supporte même plus de les voir à la télé. D'ailleurs, j'ai voulu chercher une photo pour illustrer ce billet et j'en ai été malade, donc je ne vous montrerai même pas une photo de ces saloperies de bestioles.