Mais il y a deux mois, nous mangions du melon au dessert, un fruit qui était jusqu'alors resté très amical avec moi.

Juste après le repas, je ressentis comme une gêne dans la gorge, qui me donnait envie de me racler la gorge, de tousser. Ma femme de demanda ce que j'avais et je répondis que j'avais comme un chat dans la gorge. Et là, surprise !

Ma voix avait changé. Elle s'était voilée et s'était légèrement déplacée vers l'aigu. Je n'avais pas de difficulté à respirer, ni à déglutir, mais ces symptômes, le chat et la voix, m'inquiétèrent sérieusement. Je pensais à ce que l'on appelle un oedème de Quincke. C'est un gonflement des muqueuses de la gorge provoqué par ne réaction allergique, pouvant entraîner une asphyxie et autres joyeusetés.

Quelques jours plus tard, en emmenant ma fille chez le médecin pour une visite, je profitai de l'occasion pour lui parler de mon cas. Elle me confirma mon diagnostique : réaction allergique. Mais pourquoi à 41 ans ? Elle me parla d'un taux d'allergènes qui s'emmagasine et atteint un seuil de tolérance. Ce qu'on peut faire ? Le 15. A la rigueur un cachet de cortisone, mais encore faut-il en avoir et si la gorge est obstruée, ça ne sert à rien. Elle m'a donc conseillé d'arrêter ces fruits pendant 1 ou 2 mois et de réésayer prudemment, passé ce délai.

Cet été, en vacances au pays du melon, de l'Armagnac, du foie gras, de la garbure et autres, j'étais allé faire du vtt avec les gars du club local. Vers la fin, on passe dans des champs où un couple était en train de ramasser des melons. Visiblement, ils se connaissaient et on nous propose de goûter du melon local, tout juste cueilli. Ceux-là ne sont pas destinés à la vente, le couple en a fait beaucoup autrefois, mais a juste gardé un "petit" carré pour leur consommation et les amis. Autant dire qu'ils ne sont pas du tout traités.

Je commence par refuser à la surprise générale en expliquant que j'y suis allergique et que ça peut me faire gonfler l'intérieur de la gorge. Evidemment, je me fais charrier, mais on n'insiste pas trop. Il a l'air vraiment bon, ce melon, les autres ont l'air de se régaler. Alors je goûte avec circonspection. Tout le monde me regarde pour voir si je vais gonfler comme une baudruche. Mais rien. Rien du tout. Même pas un petit picotement. En plus, il est excellent, ce melon.

Tout le monde se gave de gros quartiers, pendant que j'attends qu'il se passe quelque chose. Rien ne se passe, je finis mon morceau, puis un autre.

Evidemment, le producteur est très fier de constater que son melon ne provoque pas de maladie, contrairement à celui des supermarchés parisiens. On en arrive rapidement à la conclusion que ce n'est pas au melon que je suis allergique, mais aux saloperies qui sont sur ceux des grandes surfaces, contrairement à celui-ci qui ne subit aucun traitement, hormis un peu de "bouillie bordelaise".

Dont acte.

Ne vaudrait-il pas mieux arrêter tous ces traitements chimiques qui peuvent visiblement être dangereux, quitte à se passer de certaines variétés ?
Ne vaudrait-il pas mieux arrêter de cueillir les fruits verts, les transporter en chambre froide sur de si grandes distances et ne proposer que des fruits médiocres ? Combien de fois ai-je constaté que des fruits ou des légumes achetés en grande surface se détériorent en quelques jours alors que des fruits cueillis sur l'arbes se conservent nettement plus longtemps et conservent un excellent goût...
Ne vaudrait-il pas mieux consommer des produits locaux et de saison ne nécessitant pas de long trasport ? Après tout, c'est ce qu'on faisait autrefois et on se passait aisément de produits exotiques.

Après tout, nos organismes sont programmés pour suivre le rythme des saisons.

Mais nous préférons déséquilibrer les choix naturels.

Ce jour-là, ma femme avait acheté abricots, pêches et melons à la ferme voisine.

J'en ai repris deux fois.