Ce matin, avant de manger, je me suis soudain rappelé ce bocal de cerises à l'eau de vie qu'on nous a offert cet été. Et je me suis dit que j'allais me faire un petit apéro.

Oui, mais, quand on a la main gauche bandée et sans aucune force et le bras droit attaché avec interdiction de le bouger, essayez d'ouvrir un bocal ! J'ai bien utilisé le coup de la petite cuiller qu'on insère dans le pas de vis pour faire levier sous le couvercle et introduire de l'air. J'ai bien entendu le plop, signe que la dépression était partie, mais pas moyen d'ouvrir quand même.

Et tout est à l'avenant. Savez que c'est vraiment très dur de se couper un bout de pain ? Et aussi ouvrir une fenêtre, lire un gros bouquin (vive les livres de poche !), tourner un robinet, faire une photo, prendre une bouteille, attraper les yaourts en haut du frigo, taper au clavier, s'habiller, se laver...

Et prendre son enfant dans ses bras...

J'ai plus qu'à attendre que Nathalie rentre pour m'ouvrir le bocal alors que normalement j'y arrive mieux qu'elle, me coupe mon steak, m'aide à m'habiller, me lave, me fasse un café...

Et encore, j'ai de la chance, il y a des gens qui vivent ça toute leur vie !