Je marche...
Par Mael, mercredi 23 janvier 2008 à 22:33 :: Perso :: #270 :: rss

J'ai toujours beaucoup marché, ce qui m'a d'ailleurs valu de gros mollets. Autrefois, il n'y a que là que j'étais à peu près bon.
Aujourd'hui, encore, je marche beaucoup. C'est même ce que j'ai fait le plus quand j'étais en arrêt de travail avec les deux bras en écharpe. En même temps, quoi faire d'autre, hein ? Le dernier mois, je n'avais plus qu'un seul bras en écharpe, et encore pas tout le temps. Je me faisais quotidiennement une quinzaine de bornes.
Le plus rigolo, c'est que quand je marche, je fais du 7/8 km/h, mais c'est aussi ma moyenne quand je cours ! La différence, c'est que quand je marche, je ne me fatigue pas et je ne m'arrête presque pas (enfin, sauf pour prendre des photos, pour boire un café au troquet, acheter des trucs, discuter avec un passant ou simplement pour admirer le paysage, mais sinon, je ne m'arrête pas), alors que quand je cours, je suis encore obligé de faire une petite pause à mi-parcours.
Quand je marche, la musique dans les oreilles en ville ou les écoutilles ouvertes dans les champs, j'arrive à un état de béatitude, proche de l'auto-hypnose. J'ai presque l'impression de glisser, de ne plus toucher le sol, de planer. Je suis drogué.
Ainsi, quand je vais bosser, je prends souvent la voiture, mais il m'arrive aussi de choisir les transports en commun, principalement pour le plaisir de marcher. Le soir, je suis à pied pour rejoindre l'arrêt de bus. En quittant le bureau, je me visse les écouteurs dans les oreilles et je laisse derrière moi les plans, les devis et les bouts de plastique qui ne se collent pas. En arrivant à l'arrêt, un afficheur électronique indique le temps restant avant le passage du bus. Si celui-ci dépasse un délai raisonnable, je continue à pieds. J'ai 3 km, fastoche.
J'arrive à la gare dans un sentiment d'euphorie qui retombe vite en montant dans le train qui pue. Bon, je prends un bouquin. Mais arrivé à Auber, je remets le bouquin dans le sac et le sac sur le dos. Je quitte le quai par les escaliers non mécaniques, pour le plaisir de les avaler en courant. De là, je vais rejoindre St-Lazare par les souterrains, en passant par la gare souterraine du RER E. L'avantage, c'est que les couloirs sont larges, on peut avancer rapidement sans bousculer les gens. Je double tout le monde, en général. Puis arrive le dernier escalier, qui doit faire une vingtaine de mètres de dénivelé, pour déboucher dans la gare, parallèlement à deux escalators. Je monte en courant souplement, plus vite que ceux qui marchent dans l'escalator à côté et j'arrive en haut, regrettant qu'il ne soit pas plus long. Les deux petits escaliers de la gare qui me font arriver sur les quais, commencent à me chauffer les cuisses quand même. Un jour, je redescendrai, pour tout remonter...
Bon, là, il faut attendre le train, partir à la chasse au quai pour trouver celui qui desservira ma station. Pfff... J'attends, je ne peux pas lire, je me fais bousculer par tous les décérébrés qui courent comme des dingues pour ne pas rater LE train, pour se jeter dans les portes qui se referme, quitte à se faire pincer. Puis, encore 20 minutes de train, je lis.
Enfin, j'arrive à ma gare. Tout le monde se rue dans l'escalier pour arriver les premiers dans la rue. Alors que de toutes façons, le bus attend le dernier pour partir. Moi, j'm'en fous, je pars à pied. Pendant que Madonna me sussure que "rien n'a vraiment d'importance, seul l'amour compte", je glisse dans la rue noire. Il n'y a qu'un escalier sur le parcours, il n'y a pas intérêt qu'un quidam me le gâche en me ralentissant, alors je préfère ralentir pour être sûr de le monter à mon rythme. J'arrive en haut les deux pieds en même temps et je repars dans cette rue piétonne tout droite. Je double souvent d'autres personnes, vaguement inquiètes de sentir dans leur dos arriver un type à fond de train. Un petit bout de rue circulante, puis de nouveau des allées piétonnes qui passent dans les lotissements. En général, je suis seul, c'est peu éclairé, et je chante comme un taré. Il m'arrive aussi de mimer la batterie du morceau qui passe. Si jamais je croise quelqu'un, ma réputation est foutue. Au bout, il y a quatre fois des barrières en chicane pour interdire l'accès aux deux-roues. J'aimais bien les passer du temps ou je faisais du vélo. Là, je les avale de deux pas chassés, hop-droite/hop-gauche. Et je repars sur la "Substitute for a love". Le terrain vague que je traverse en diagonale en priant pour ne pas tomber sur une "mine" canine, la dernière allée piétonne, la dernière chicane, je remonte ma rue et j'arrive à ma porte où je suis bien forcé de m'arrêter pour ne pas entrer comme un dingue.
" Coucou ! fais-je rituellement
- Bonjour chéri !
- Bonjour Papa, ho, pourquoi tu es mouillé ? Il pleut ?
- Euh, non, j'ai peut-être un peu forcé en rentrant à pieds de la gare..."
Fais chier, demain, il faut que je prenne la voiture...


Commentaires
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