J'ai une triple vie.
Par Mael, vendredi 15 février 2008 à 23:10 :: Job :: #275 :: rss

J'ai jamais autant bossé.
Le matin, j'arrive au boulot entre 8h et 8h30, et pour ça, je pars de chez moi entre 6h30 et 7h.
Le soir, je pars rarement avant 18h30, et souvent vers 19h30 / 20h. Ca fait de bonnes journées.
Mais le pire, c'est que comme j'ai un pc portable, je continue de bosser le week-end.
Et je suis complètement à contre-courant. Mes collègues, eux, font pile 9h/18h et ne supportent pas de faire plus. Le problème c'est que la boîte ne va pas bien, et alors qu'il faudrait se sentir motivé pour la boîte (appelons-la B), se rapprocher, non, ils sont de plus en plus méprisants. Peut-être est-ce moi qui n'ai rien compris et parfois, je me surprends à critiquer aussi. Mais mon boulot me plaît et ayant connu le gros groupe (appelons-le A) et ses affres, j'ai d'autant plus envie de me donner pour cette boîte, d'autant plus que je la quitte. L'ambiance est pourtant bonne, voire familiale, la liberté grande.
Mais le pire, c'est que me future boite, appelons-là C, n'a plus de bureau d'études à partir de lundi et que je n'y arrive que fin mars. Je suis donc en copie de tous les mails pour me mettre au courant. Et je traite même quelques dossiers depuis chez moi, le soir.
Donc, le soir, après avoir mangé avec ma famille, regardé éventuellement le film, je commence ma 2e journée de boulot. Bon, c'est un peu exagéré, mais j'aime bien faire des phrases emphatiques.
Tout cela, pour le même salaire qui, s'il est plus élevé qu'autrefois chez A, n'est plus fonction du temps passé à travailler.
Alors, pourquoi n'avais-je pas ce zèle autrefois ? Mon salaire n'était pas si mal, j'avais de bons horaires, une liberté, une bonne cantine, pas mal d'avantages, mais pas envie de m'investir. C'est maintenant que je commence à comprendre. Maintenant qu'on me fait confiance, que j'acquiers de l'autonomie, j'ai beaucoup plus envie de donner.
Quand je pense que mes collègues rêvent de bosser dans un gros groupe... J'ai beau leur dire qu'ils y seraient malheureux, je n'arrive pas à les convaincre.
Je ne comprends toujours pas, maintenant que je vois ce dont je suis capable, pourquoi les super pros du management de A, les pros des ressources humaines, les meneurs d'hommes, n'ont jamais accepté de me faire confiance, de voir en moi un potentiel. Tant pis pour eux. Ils préfèrent embaucher des Centraliens (j'ai déjà dit que je n'aimais pas les Centraliens ?) qui ne savent rien faire et les mettre immédiatement à des postes à responsabilité, plutôt que de promouvoir l'expérience des anciens.
Je dis sans cesse que je suis bien content d'avoir quitté A, que je ne regrette rien, mais je dois avoir tout de même du ressentiment, car cette interrogation me hante. Pourquoi, en 17 ans, ne pas avoir pu progresser ?
J'ai progressé 10 fois plus en 6 mois qu'en 17 ans, c'est quand même dingue. Et j'ai appris plus en 3 mois qu'en 6 ans. Oui, je regrette cela, quand je pense à tout ce temps perdu, ce gâchis.


Commentaires
1. Le samedi 16 février 2008 à 20:23, par aline
2. Le lundi 18 février 2008 à 10:42, par Héric
3. Le lundi 18 février 2008 à 14:10, par Mael
4. Le jeudi 21 février 2008 à 22:20, par Christine
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