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mardi 30 septembre 2008

Voyage en Chine : Arrivée à Shenzhen

Livré tout seul en Chine, je traverse donc la salle de transit.

Arrivé à la sortie, il y a heureusement comme prévu un homme qui m'attend avec un panneau au nom de ma société.
- Ni Hao
- Ni Hao

Voilà, j'ai épuisé tout mon chinois : j'ai dit bonjour. L'homm ene parle pas un mot d'anglais, il me fait signe de le suivre. On traverse un dédale d'escaliers mécaniques et de couloirs. Je crois qu'il a dû me dire son nom, mais je ne m'en rappelle plus. J'essaye de lui demander deux ou trois trucs, genre combien de temps de voiture y a-t-il pour arriver. Il me répond toujours d'un sourire gêné, dévoilant ses dents inégales. On croirait un chinois tout maigre sorti du Lotus Bleu.

On sort enfin. Il fait chaud et humide, mais le temps est couvert. On monte en voiture : un gros 4X4.

Le voyage est très long, trois heures, je crois bien, d'autant plus qu'on ne peut pas se parler. J'essaie plusieurs fois d'appeler au bureau, mais impossible de choper le réseau et quand j'y arrive, ça coupe souvent. Je réussi tout de même à expliquer que tout va bien. J'appelle aussi Nath pour la rassurer. Bonjour la note de portable.

Je me souviens d'autoroute interminable, parfois bondées. Beaucoup de voitures qui paraissent neuves et beaucoup de camion vétustes, dont un bon nombre en panne sur le bas-côté. En fait, on me dira plus tard que l'accession à la voiture personnelle est récente pour le chinois moyen. Du coup, la quasi totalité du parc est neuf, contrairement aux camions, qui sont très anciens, mal réparés et branlants.

On traverse plusieurs fois des agglomérations, par de grandes rues, puis retour sur une autoroute. Tout est vraiment écrit en chinois. Il me serait complètement impossible de conduire moi-même, même avec un plan, je suis incapable de déchiffrer les panneaux. Je me rabats sur mon bouquin jaune et j'essaie de mémoriser quelques phrases.

On finit par arriver à la nuit. Il est 21h00. J'arrive dans la première entreprise que je dois visiter, une fabrique de pinceaux de maquillage. Je suis accueilli par un homme et une femme. Je sors ma phrase à l'homme :
- Henn kao hsing tienn tao ni (Je suis très honoré).
Il sourit poliment, il n'a rien compris. Le bide.
La femme me regarde et me demande en aglais ce que j'ai dit. Je répète en chinois.
Elle éclate d'un rire ravi. Elle a compris et me félicite. Puis elle m'explique que son patron est coréen. Il ne parle pas chinois. C'est la meilleure. Comment fait-il pour diriger cette boîte s'il ne parle la langue de ses employés ?

Le patron me dit en anglais qu'on va manger avant de visiter. Il me demande ce que je veux manger. Je dis que je veux manger chinois, local. Ok, on reprend le 4x4 toujours conduit par le même chauffeur. Il fait nuit, mais il y a un peu de monde dehors. Beaucoup de boutiques n'ont pas de vitrine, juste un volet métallique roulant, comme un garage.

On arrive au restaurant. Au rez de chaussée, l'entrée ne paye pas de mine. Il y a des aquariums et des caisses avec des poissons vivants et des langoustes. Le patron examine les poissons et en désigne plusieurs. C'est le menu. On monte à l'étage où est la salle.

Rien à voir avec les repas des restaurants chinois qu'on trouve en France. Tout ce que je reconnais, ce sont les bouchées vapeur, mais dedans, rien à voir. C'est très bon. On mange de nombreuses choses différentes, un peu de tout. Arrive la langouste, que je craignais. Mais non, elle est préparée pour être mangée avec les baguettes, en petits morceaux. Je m'en sors plutôt bien.

A la sortie, le chauffeur court remonter dans la voiture pour l'approcher de l'entrée. Il a attendu sur le trottoir pendant une heure en fumant des clopes.

On retourne à l'usine. Il est 22h00. En face du bâtiment de l'usine, un immeuble de 6 ou sept étages. C'est le "dormitory". C'est là que dorment les "workers". C'est en fait là qu'ils vivent toute l'année. Ils ne rentrent chez eux, à l'autre bout de la Chine, que deux fois par an.

Je ne peux pas trop détailler la visite sans révéler des détails confidentiels. Je prends beaucoup de photos.

Les travailleurs sont tous vêtus de blouses bleues avec une charlotte blanche ou une casquette bleue. Ils sont tous assis sur un tabouret en plastique et chacun fait un geste bien précis, toujours le même. Les tables de travail doivent bien faire 20 mètres de long, un ouvrier par mètre. Tout est fait à la main.

A un moment, je m'approche d'un néon à un mètre au-dessus de la table, qui clignote un peu, puis passe à la table suivante. Derrière moi, je vois le patron qui examine aussi le néon défectueux, puis chope un homme debout, probablement un contremaître et l'engueule copieusement. L'autre prend tout dans les dents sans broncher, acquiesce en s'inclinant rapidement et sort de la pièce, probablement pour aller chercher un tube neuf. Du coup, j'évite de trop regarder ce qui pourrait paraître défectueux.

On m'a dit au début que la fin du working time est à 22h30. Une sonnerie retentit, mais personne ne bouge. C'est à cause de ma présence.

On finit en salle de réunion par une présentation Power Point. Je donne mes projets, pose des questions. dès que je rentre dans des détails techniques, les ingénieurs à côté de moi prennent le relai, en se faisant traduire. Tout les intéresse, surtout les techniques que je pourrais apporter. Puis, quand je demande un pinceau bien particulier, c'est le patron qui examine ma maquette attentivement. Je vois les rouages tourner dans sa tête. Il acquiesce. J'aurai des échantillons dans deux semaines.

Je suis claqué. L'entrevue était très agréable. Le chauffeur me ramène à mon hôtel, dont je donne l'adresse. L'assistante de mon bureau la leur a envoyée par mail.

Il faut encore une heure de bagnole. Là, je comprends pourquoi le patron roule en 4x4. Il passe par derrière la zone industrielle immense. Soudain, la route goudronnée s'arrête et la voiture descend une marche, pour continuer sur un chemin sableux, pour remonter sur la route un kilomètre plus loin. La route n'est pas finie, mais ça n'empêche pas de passer.

Je finis par arriver dans mon Novotel. Il faut que donne à l'accueil mon passeport et ma carte de crédit. C'est moi qui payerai, on n'envoie pas la note au bureau, comme je le faisais autrefois en France.

La chambre n'a rien d'extraordinaire. Je m'écroule dans le lit.

lundi 22 septembre 2008

Le départ en Chine.

Dimanche soir.

Ma valise est prête. J'attends le taxi, je me prépare à quitter ma famille. J'en ai un peu gros sur la patate.
Je pars en Chine !
J'ai eu du mal à fermer ma valise et ai dû transférer mes dossiers dans la malette de mon ordinateur portable.
En fait, je flippe comme un malade. Je pars, accompagné d'un commercial de ma boîte, un ancien. Ne sachant pas comment préparer, je me suis fié à lui et finalement, je ne sais pas trop où je vais et par quels moyens. J'ai juste mes billets, sauf que ce sont des "billets électroniques", de simples impression de mails qui contiennent les coordonnées du billet. Les billets, c'est périmé.
Nathalie m'a offert un livre "Le chinois pour les nuls". C'est plus un boutade qu'un cadeau sérieux.

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